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lundi 27 février 2012

The Artist, The Marketing Strategy

Pendant que Star Académie et Tout le monde en parle se disputaient les cotes d'écoute comme à tous les dimanches soirs, j'en ai profité pour regarder la 84e édition du Gala des Oscars qui se tenait hier à Los Angeles. Bien installé confortablement devant mon téléviseur, j'espérais comme bien des Québécois voir le réalisateur Philippe Falardeau repartir de cette soirée avec la statuette du meilleur film en langue étrangère pour sa réalisation de M. Lazhar. Finalement, c'est le film iranien A Separation qui a remporté la palme. Cependant, la grande révélation de ce gala est le film The Artist. Le film a remporté 5 Oscars dont celui du meilleur réalisateur, de la meilleure musique, des meilleurs costumes, du meilleur film et du meilleur acteur, Jean Dujardin. 


Or, ce matin, en prenant mon café, je me suis penché sur la stratégie de marketing que les promoteurs de ce film ont utilisée pour bien exporter ce produit culturel sur le marché international. Cela demande du temps, de l'argent, mais surtout un excellent "branding". 


Voici 10 étapes qui peuvent mener à un tel succès.


1. Une idée originale
The Artist est avant tout un bon concept. L'idée de présenter un film muet en noir et blanc à la Charlie Chaplin est très audacieux compte tenu des films que l'on peut visionner sur le marché actuellement.  Il ramène le 7e art à ses origines. Il nous fait vivre de bons moments grâce à une histoire bien ficelée. Les thèmes comme l'amour, la persévérance, l'échec et la renaissance permettent aux cinéphiles de s'identifier aux personnages. Cette histoire d'amour attachée aux déboires d'un acteur en déclin perce les frontières du langage.


2. La rareté 
Un produit comme The Artist est très rare dans un marché où les grandes productions se disputent les "box-office". Ce film représente une niche de choix qui permet de se différencier de la masse. Il rejoindra les "vrais" amateurs de cinéma et suscitera un plus grand intérêt dans une société où la nouveauté est dominante.


3. Ramener le cinéma à ses origines
Si les américains ont apprécié ce film, c'est qu'il a touché leur corde sensible. Le cinéma noir et blanc a marqué l'histoire du cinéma Américain. The Artist rappelle les débuts du cinéma du 20e siècle dans les années 20. Ce n'est donc pas étonnant qu'il ait eu autant de critiques élogieuses à son endroit et qu'il connaisse autant de succès à l'échelle internationale.


4. Parlez-en bien, parlez-en mal, le but c'est qu'on en parle
Il est important de créer un "buzz" médiatique. La seule façon de bien façonner sa marque afin d'attirer les gens au cinéma, c'est le bouche-à-oreille. Si l'on veut percer un nouveau marché, cette stratégie n'est pas à négliger particulièrement dans le cas d'une production cinématographique.  Pour The Artist, ce film avait déjà été lancé aux États-Unis et les critiques positives ont renforcé la marque.


5. Un titre évocateur
L'anglais est la langue universelle à travers le monde. Or, ayant opté pour un titre anglophone, un intérêt certain est créé envers ce produit culturel. On peut sous-entendre qu'il s'agit d'un film américain. Pourtant, au visionnement, on constate tout le contraire. En plus de posséder un film de qualité, de se distinguer de la masse, de créer un "buzz" et de renforcer le bouche-à-oreille, les promoteurs réussissent à positionner leur film sur le marché. Un titre comme The Artist est  simple, court et fait référence à l'histoire d'un artiste.


6. Un bon "branding" local
Un nom anglophone pour une marque n'est pas obligatoirement nécessaire si l'on veut s'établir au niveau international. Des marques comme le Cirque du Soleil, Lacoste et Hugo  Boss en sont de belles preuves. Par contre, il est important de faire appel à des personnes  qui possèdent une expertise dans le marché où l'on souhaite s'établir. Pour ce qui est du film The Artist, plusieurs acteurs américains ont participé à cette aventure et il a été vendu aux États-Unis comme étant un film américain. 


7 .Un bon contact
C'est le distributeur américain Harvey Weinstein qui a mené la campagne promotionelle de ce film sur le marché américain. Il est le principal artisan de sa victoire aux Oscars.


8. Garder un peu de mystère
Sans pour autant connaître les racines propres de la réalisation de ce film, Jean Dujardin a su le promouvoir en se promenant sur différents plateaux d'émissions américaines. À l'aide de son accent anglophone boiteux, il a tout de même réussi à démontrer plusieurs facettes de la culture cinématographique américaine. Ainsi, il suscite de la curiosité et sa présence est un bon "teaser" pour le développement promotionnel de cette oeuvre.


9. Utiliser des moyens promotionnels sobres
Beaucoup de spécialistes du marketing seront d'accord pour vous affirmer que nous sommes dans une ère post-marketing. Les gens d'affaires qui ont travaillé sur la stratégie promotionnelle ont réussi à miser sur des moyens efficaces qui n'ont pas nuit à l'image de leur film.


10. Y croire
Il est important de croire en son produit.  De cette façon, il est plus facile de négocier des ententes. Les contraintes budgétaires sont souvent la cause d'un emballage déficitaire, mais maintenant il est possible de remédier à la situation. Un bon esprit d'entrepreneur est essentiel dans un tel projet. The Artist ne fait pas exception.  


  

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